Cliffhanger

Publié: juin 29, 2015 dans Dans les carnets
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29/06/15

Lettre d’Espagne #4

Publié: juin 24, 2015 dans Cartes Postales
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Après des semaines passées à s’enfermer dans des bibliothèques ou devant son bureau, tentant d’apprendre par cœur des centaines de pages de cours, j’avais vraiment besoin de prendre l’air et de me changer les idées. À peine débarrassé des examens, j’ai ainsi cherché à sortir des sentiers battus.

L’idée trottait déjà dans ma tête depuis Noël, quand j’ai reçu un livre, « L’atlas des cités perdues ». Les auteurs consacraient un passage à la ville de Seseña, se trouvant à une trentaine de kilomètres de Madrid. Je m’étais alors promis d’y faire un tour, avant de m’en aller.

Mais pas si vite. On a beau ne pas se rendre au bout du monde, il est quand même préférable de préparer cette sortie. En prévoyant l’itinéraire et en étudiant la destination, par exemple.
Voilà donc un petit résumé de l’histoire de ce lieu si intrigant, ne serait-ce que pour savoir où l’on mettra les pieds et saisir le sens de ce qui nous entourera une fois sur place.

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Au départ, il s’agit d’un rêve. Celui de Francisco Hernando, promoteur immobilier et incarnation locale du self made man. Il imagine une cité idéale, prévue pour les jeunes madrilènes fuyant la capitale et ses loyers exorbitants. Naturellement, elle répondrait aux plus hautes exigences en matière d’équipement, d’infrastructures et d’urbanisme. Surfant sur l’extraordinaire santé économique du pays (et plus particulièrement la spéculation portant sur la construction), cette personne entreprend la réalisation du chef d’œuvre de sa carrière. 13500 appartements, pouvant accueillir 40000 habitants. Une consécration, qui graverait à jamais son nom dans l’histoire.
A partir de 2003 une ville entière sort de terre à un rythme effréné. Le chantier pharaonique est marqué par d’innombrables arrangements illégaux, mais le scandale est soigneusement étouffé.

En 2007, le lieu est inauguré en grande pompe avec un festival et 5000 invités. Une manière comme une autre de faire oublier que moins de la moitié des logements annoncés ont été achevés, et que la plupart ne trouvent pas preneur. Un an plus tard, l’éclatement de la bulle immobilière plonge l’Espagne dans une crise sans précédent : Le « miracle économique espagnol » tourne au cauchemar, le chantier est paralysé du jour au lendemain. Un échec retentissant pour l’ambition démesurée de Francisco Hernando, qui s’envole chercher la gloire sous d’autres latitudes en laissant derrière lui une ville orpheline de son créateur tout puissant.

Dans les rares articles que j’ai pu lire à son sujet, Seseña est présentée comme une des plus grandes villes fantômes espagnoles. Curieux de découvrir ce qui se cachait vraiment derrière cette réputation, je me suis lancé à sa rencontre.

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Atteindre l’endroit en question n’est pas une mince affaire.
Il faut prendre un train jusqu’à la petite ville de Valdemoro, puis parcourir les 12km restants à pieds. La présence humaine s’efface au fur et à mesure que l’on avance: Les zones industrielles, hangars et entrepôts laissent place à un no man’s land. Entre deux branches de l’autoroute du sud, Seseña apparaît au loin comme un mirage flottant dans la chaleur de ces plaines arides. Ensuite, la tâche sombre trahissant la ville à l’horizon se rapproche, jusqu’à ce que l’on distingue clairement les centaines de barres d’immeubles, entourées d’un mur d’enceinte en grillage barbelé.
Perché sur un poteau d’acier rappelant les remontées mécaniques, un énorme panneau matérialise l’entrée. « Residencial Francisco Hernando », nous voilà arrivés à destination.

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Sous nos pas, une ville abandonnée se révèle lentement. Le silence qui plane sur les rues est saisissant. À part une voiture qui passe de temps en temps, les seuls bruits qui s’élèvent sont ceux des animaux installés dans les locaux vides du rez de chaussée. Il y a tellement de pigeons, d’araignées et de fourmis que l’on se sent indésirable, parasite là où tout a été pensé autour de l’être humain.
Une sensation de déjà vu s’empare du cerveau, et ne nous lâchera plus. Les façades sont toutes pareilles et les immeubles monotones. Les allées qui se ressemblent comme des gouttes d’eau n’aident pas non plus à s’orienter…
Chaque avenue porte le nom d’un grand peintre. Certainement pour masquer la tristesse de ce lieu qui n’a aucun passé.

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Puis soudain, on tombe devant un grand parc. De l’herbe en train d’être arrosée, des arbres, un bassin, des fontaines et un jardin d’enfants. On prend une pause, abrité par les maigres branches de sapins. Mais personne aux alentours, bizarrement…

En face du parc, de l’autre côté des barbelés et de l’autoroute, une décharge sauvage de pneus s’étend à perte de vue. Ce champ de caoutchouc paraît ruisselant de sueur tant l’air est pesant, et la chaleur écrasante.

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Au bout de quelques minutes, on repart en suivant une promenade aménagée entre deux rubans d’asphalte. Les bancs et les palmiers plantés amplifient ces faux airs balnéaires. Pourtant, ce n’est pas la mer que l’on entend mais un grésillement bourdonnant: Une ligne à haute tension coupe la ville en plein milieu. Les câbles sont tellement proches et bruyants que c’en devient inquiétant. À droite, à gauche, il n’y a plus que des grillages, renfermant les chantiers inachevés, par dizaines, et des terrains vagues où traînent toujours des blocs de béton hérissés de métal. Les dernières traces de bâtiments qui ne verront probablement jamais le jour. Des pancartes « à vendre », aussi, accrochées aux balcons et fenêtres à chaque étage des immeubles rescapés.
Un calme plat règne en maître dans ce désert urbain, le temps semble s’être figé.
En se retournant, on a le sentiment d’être prisonnier. Et toutes ces clôtures et barricades donnent l’impression qu’on a placé la ville en quarantaine. À l’écart de tout, isolée du reste du monde.

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Finalement, Seseña n’est pas une véritable ville fantôme. Au fil du temps, des gens y ont emménagé et vivent dans un cadre entretenu avec les moyens du bord, ceux de la mairie voisine qui n’était pas prête à assumer de telles responsabilités. Alors que l’on revient sur nos pas, on aperçoit enfin quelques personnes sur les trottoirs. Seulement, chacun reste dans son coin. L’entraide et le partage pourraient permettre beaucoup d’améliorations , mais l’immobilisme du lieu a gagné ses occupants.

La vie quotidienne reprend peu à peu ses droits, mais tout reste en suspens. Les chantiers arrêtés en cours de route laissent le quartier résidentiel bancal. La folie des grandeurs s’est évanouie, il n’y a plus qu’un vertige, un tournis. En cela, Seseña rappelle les rêves les plus profonds du film Inception. On se sent insignifiant au cœur d’une absurdité délirante.

Quand vient le moment de partir, on réfléchit à cette visite surprenante pendant que les étapes du trajet défilent en sens inverse. Les nuages reflètent les teintes du soleil couchant, et à la nuit tombée on rentre chez soi épuisé.

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Partager ces cartes postales pour avec vous m’a beaucoup plu, et tenir ce carnet de bord m’a permis de faire voyager des découvertes, des ambiances et des regards à travers des lignes et un clavier. J’espère que ces lectures auront un peu égayé vos journées, et que l’idée sera reprise par d’autres personnes qui sauront nous transporter ! En attendant de prendre l’avion, il ne me reste plus qu’à faire mes valises, et vous souhaiter de bonnes vacances🙂
Ps: Vous devriez avoir l’habitude maintenant, voilà un peu de musique pour la route !


Assurance inquiétante

Publié: mai 31, 2015 dans Dans les carnets
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Assurance inquiétante

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Chaises perchées

Publié: mai 18, 2015 dans Dans les carnets
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Chaises perchées
18/05/15

« Quand le dernier arbre aura été abattu,

Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,

Quand le dernier poisson aura été capturé,

Seulement alors les visages pâles s’apercevront

Que l’argent ne se mange pas. »

This is war.

Publié: mai 4, 2015 dans Citations, Image, La boîte à merveilles

War.https://www.youtube.com/watch?v=Zcps2fJKuAI…

Cafard à paupières

Publié: avril 24, 2015 dans Dans les carnets
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Cafard à paupières
24/04/15

Lettre d’Espagne #3

Publié: mars 30, 2015 dans Cartes Postales

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Comme promis, je reviens avec une autre lettre d’Espagne. Si (par malheur) vous avez loupé les précédentes, vous pouvez les lire ici et
Après les fêtes de fin d’année, retrouver soudainement le calme et le silence demande un peu d’adaptation. Mais entre les gouttes de pluie ou le ciel gris, on profite de chaque rayon de soleil pour s’aventurer dehors.
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Le fait d’habiter une ville n’aide pas tellement à la connaître. On croit en faire partie, on y prend peu à peu ses repères mais au fond, on n’a aucune idée des secrets qu’elle cache. Plus grave, on ne cherche même pas à les apprendre. Les places, les rues et les monuments sont devenus des étapes de nos trajets pendulaires comme des stations sur une ligne de métro.
Au fur et à mesure que l’on prend le train de cette vie, on n’ose de moins en moins se défaire de l’ordre et de l’habitude des allers retours quotidiens. Pourtant, c’est en suivant son regard étranger que l’on a le plus de chances d’apprivoiser Madrid
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Pour se défaire de l’ennui qui s’installe, il faut accepter de prendre le temps. S’évader des souterrains et des couloirs du métro pour marcher et s’égarer à la surface, par exemple. Puis laisser nos yeux curieux nous emmener toujours un peu plus loin. En pirates à l’abordage d’une île urbaine pleine de surprises et de merveilles, une fois que l’on oublie les troupeaux de gens pressés qui marchent sans même lever la tête.
Au fil des pas, de parc en jardin, on s’étonne d’être captivés par des petits détails, des ambiances, des lumières. On s’ouvre à la ville qui s’empare de nous au lieu de s’imposer à elle. Finalement c’est Madrid qui nous habite, et pas le contraire.

Les rives du fleuve Manzanares, les églises, les cathédrales, les ponts et le palais royal… Autant de croix que l’on marque sur notre carte au trésor, autant de fils dans cette toile d’araignée qui se tisse peu à peu. Loin de nous faire prisonniers, elle devient la scène dans l’ombre de nos nuits. Un réseau de passages qui nous aide à capturer chaque jour l’âme fuyante de cette grande fourmilière d’Espagne. En explorant de nouveaux endroits dès qu’on en a l’occasion, et en remplissant de souvenirs cette année étrangère qui touchera bientôt à sa fin.

Ces images gravées, on plonge dedans quand la chaleur et le ciel bleu de l’hiver laissent place aux nuages et à la pluie de printemps… Bizarre, mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette capitale au cœur des montagnes.

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Les rives aménagées du Manzanares, petit fleuve (ou grande rivière) qui traverse Madrid

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Le Palais royal et son esplanade


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Le sud de Madrid se dévoile en contrebas du palais et de la cathédrale

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La « Ronda de Atocha », énorme rond point devant la gare d’Atocha

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Le Palacio de Cristal du Parque del Retiro, à la nuit tombante


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Comme les fois d’avant, voilà un peu de musique pour patienter jusqu’à la prochaine lettre d’Espagne…

Je vous souhaite de passer une belle semaine, en gardant les yeux ouverts sur le monde environnant, le printemps et la nature qui se réveillehttps://www.youtube.com/watch?v=6nK5C7AMkbg

Panne de sens.

Publié: mars 21, 2015 dans Dans les carnets
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Panne de sens
21/03/15

Inspiration

Publié: mars 16, 2015 dans Film, La boîte à merveilles, Musique

Un souffle de motivation; pour donner un peu d’élan à nos journées qui en manquent souvent.